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Cours de langues›Les six cas

Les six cas du turc : ce qui remplace nos prépositions

Le mot « cas » fait peur à ceux qui ont subi le latin. En turc, il n’y a rien à décliner : six suffixes, appliqués à tous les noms de la même façon.

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Ce qu’un cas fait, concrètement

En français, la fonction d’un mot dans la phrase se lit à sa place et à la préposition qui le précède : « à la maison », « de la maison », « dans la maison ».

En turc, elle se lit à un suffixe accroché au mot. Le mot porte lui-même l’information de sa fonction. C’est pourquoi l’ordre des mots y est nettement plus libre qu’en français : on peut déplacer un groupe sans le rendre ambigu. Voir l’ordre des mots.

Et comme il n’y a ni genre, ni classes de déclinaison, tous les noms prennent les mêmes suffixes. Il n’existe pas de « deuxième déclinaison » ni de liste d’exceptions à mémoriser. Voir ni genre ni article.

Les six, en un coup d’œil

Le nominatif

Aucun suffixe. C’est le mot nu, employé comme sujet — et aussi comme complément d’objet indéfini, ce qui est une particularité importante.

L’accusatif

Il marque le complément d’objet défini. C’est le cas le plus subtil du turc, parce qu’il porte une information que le français exprime par l’article. Voir l’accusatif et la définitude.

Le datif

La direction, la destination, le destinataire : « à », « vers », « pour ».

Le locatif

Le lieu où l’on est, et le moment : « dans », « à », « chez », « en ».

L’ablatif

L’origine et la provenance : « de », « depuis », « à partir de ». Il sert aussi dans la comparaison. Ces trois cas de lieu sont traités ensemble : voir datif, locatif, ablatif.

Le génitif

L’appartenance. Il fonctionne en paire avec un suffixe possessif sur le mot possédé — une construction à deux étages sans équivalent français. Voir le génitif et la possession.

Trois choses à savoir avant de commencer

Chaque suffixe a plusieurs formes. Elles dépendent de la dernière voyelle du mot et de sa dernière consonne. Ce n’est pas de l’irrégularité : ce sont l’harmonie vocalique et les mutations qui s’appliquent, exactement comme partout ailleurs.

L’ordre des suffixes est fixe. Le cas vient toujours en dernier, après le pluriel et après le possessif. Vous ne trouverez jamais l’inverse. Voir l’agglutination.

Le cas ne suffit pas toujours. Pour certaines relations — « avec », « sans », « pour », « selon » — le turc emploie des mots placés après le nom, qui exigent eux-mêmes un cas précis. Voir les postpositions.

Par où commencer. Par le locatif et le datif, les plus intuitifs et les plus fréquents : ils permettent immédiatement de dire où l’on est et où l’on va. Gardez l’accusatif pour plus tard — il demande de comprendre une notion que le français n’exprime pas de la même façon. Notre cours de turc les introduit dans cet ordre, en leçons audio de quatorze minutes.

Exercices : les six cas du turc

Chaque question porte sur le système des six cas décrit ci-dessus. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Le turc compte ___ cas.
  2. En turc, la fonction d’un mot dans la phrase se lit à ___.
  3. Comme chaque mot porte sa fonction, l’ordre des mots turc est ___ qu’en français.
  4. Faute de genre et de classes de déclinaison, tous les noms turcs prennent ___.
  5. Le nominatif se reconnaît à ___.
  6. Outre le sujet, le nominatif sert aussi de ___.
  7. Le cas qui marque le complément d’objet défini est ___.
  8. L’accusatif est présenté comme ___ du turc.
  9. Pour la direction et le destinataire, on emploie ___.
  10. Le lieu où l’on se trouve, et le moment, relèvent ___.
  11. L’origine et la provenance sont marquées par ___.
  12. Le génitif fonctionne en paire avec ___ sur le mot possédé.
  13. Si un suffixe de cas a plusieurs formes, c’est en fonction de ___ du mot.
  14. Dans l’empilement des suffixes, le cas vient ___.
  15. Pour « avec », « sans » ou « selon », le turc emploie ___.
  16. La page conseille de commencer par ___.
  17. Le cas qu’il vaut mieux garder pour plus tard est ___.

Toute la grammaire turque, chapitre par chapitre

Cinquante-neuf pages qui se répondent — de l’harmonie vocalique à l’ordre des suffixes du verbe, des six cas au discours rapporté, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue où tout se colle au bout du mot, dans un ordre qui ne varie jamais.

Passez à la pratique

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Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.

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Questions fréquentes

Combien de cas compte le turc ?

Six : nominatif, accusatif, datif, locatif, ablatif et génitif. Chacun correspond à un suffixe accroché au nom.

Les cas turcs sont-ils difficiles comme en latin ?

Non. Il n’y a ni genre, ni classes de déclinaison : tous les noms prennent les mêmes suffixes. Il n’existe pas de « deuxième déclinaison » ni de liste d’exceptions.

Pourquoi un suffixe de cas a-t-il plusieurs formes ?

À cause de l’harmonie vocalique et des mutations de consonnes, qui adaptent le suffixe au mot. Ce ne sont pas des irrégularités mais les deux règles générales de la langue.

Par quel cas commencer ?

Par le locatif et le datif, les plus intuitifs et les plus fréquents : ils permettent de dire où l’on est et où l’on va. L’accusatif vient plus tard, car il exprime une notion que le français rend autrement.

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