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Cours de langues›Le génitif et la possession

La possession en turc : les deux mots portent la marque

Le français marque la possession une fois. Le turc la marque deux fois — sur celui qui possède et sur ce qui est possédé — et cette redondance est obligatoire.

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La construction à deux étages

Pour dire « la porte de la maison », le turc procède ainsi : le possesseur — la maison — prend le suffixe du génitif ; le possédé — la porte — prend un suffixe possessif qui renvoie à lui. Et l’ordre est l’inverse du français : possesseur d’abord, possédé ensuite.

Les deux marques sont nécessaires. Omettre l’une ou l’autre ne produit pas une phrase maladroite mais une phrase différente, voire incompréhensible.

Les suffixes possessifs existent pour les six personnes — ma, ta, sa, notre, votre, leur — et s’accrochent directement au nom. « Ma maison » est donc un seul mot, sans aucun équivalent de notre « mon ».

Le cas particulier qui change tout

Il existe une variante de cette construction où le génitif disparaît, et elle est extrêmement fréquente. Comprendre la différence vaut à elle seule ce chapitre.

Avec génitif : une possession réelle

« La porte de la maison » au sens de « la porte qui appartient à cette maison-ci ». Le possesseur est identifié, précis, il s’agit de lui et pas d’un autre.

Sans génitif : une qualification

Le premier mot reste nu, seul le second porte le possessif. Le sens bascule : on ne dit plus à qui appartient la chose, mais de quel type elle est. C’est ainsi que se forment des centaines de mots composés — une porte de maison au sens générique, un arrêt de bus, un jus d’orange.

Autrement dit, le turc distingue par la grammaire ce que le français rend par la même préposition « de ». C’est une distinction fine, mais elle est partout dans le vocabulaire courant.

Ce qui vient après

Un mot possédé peut encore prendre un cas derrière son possessif : « dans ma maison », « vers ta maison ». L’ordre reste immuable — possessif d’abord, cas ensuite. Voir l’agglutination.

Trois précisions utiles

1

Le possesseur s’omet souvent

Comme le suffixe indique déjà la personne, le pronom possesseur ne s’emploie que pour insister ou opposer. Voir les pronoms.

2

Un possédé est défini

« Mon livre » désigne forcément un livre précis : en position de complément, il prend donc l’accusatif. Voir l’accusatif.

3

Ce n’est pas « avoir »

Cette construction relie deux noms. Pour dire « j’ai une voiture », le turc emploie un autre procédé. Voir var et yok.

Un dernier mot sur la difficulté réelle. Ce chapitre n’est pas compliqué à comprendre : il se résume en deux phrases. Il est compliqué à produire vite, parce qu’il exige de suffixer deux mots de façon coordonnée, en plein milieu d’une phrase. C’est une question d’automatisme, pas de compréhension.

D’où l’intérêt de l’entendre plutôt que de l’apprendre. Ces couples de mots reviennent des dizaines de fois par conversation ; à force de les entendre, ils sortent d’un bloc. Notre cours de turc est cent pour cent audio, en leçons de quatorze minutes.

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Questions fréquentes

Comment dit-on « la porte de la maison » en turc ?

Le possesseur prend le génitif, le possédé prend un suffixe possessif, et l’ordre est inverse du français : possesseur d’abord, possédé ensuite. Les deux marques sont obligatoires.

Que se passe-t-il si on omet le génitif ?

Le sens bascule : on ne dit plus à qui appartient la chose, mais de quel type elle est. C’est ainsi que se forment les mots composés — un arrêt de bus, un jus d’orange.

Comment dit-on « ma maison » ?

En un seul mot, avec un suffixe possessif accroché au nom. Il n’existe aucun équivalent de notre « mon », et le pronom possesseur ne s’emploie que pour insister.

Cette construction sert-elle à dire « j’ai » ?

Non, elle relie deux noms. Pour exprimer la possession au sens de « j’ai une voiture », le turc emploie un autre procédé, avec le mot var.

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