Trente-cinq pages sur le son, sur le nom, bientôt sur le verbe. Celle-ci ne vous apprend aucune règle : elle vous dit laquelle aller lire.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Mettez le son et répétez à voix haute ce que vous entendez : les cinquante leçons se déroulent toutes de cette façon. Cette page vous explique la règle ; l'enregistrement vous fait parler.
La langue russe passe pour redoutable. Deux de ses difficultés le sont vraiment : les six cas et l’aspect des verbes. La troisième, l’alphabet cyrillique, n’en est pas une. Elle se règle en quelques heures — mais on la place au pire endroit, tout au début, quand l’apprenant n’a encore aucun résultat à opposer à son découragement.
Ce qu’on dit moins souvent, c’est tout ce que le russe n’a pas. Ni article défini ni article indéfini. Pas de verbe « être » au présent. Trois temps, là où le français en aligne une douzaine. Aucune concordance des temps. Voici huit phrases complètes, sans un seul verbe et sans un seul article.
L’absence d’articles a une contrepartie : une même phrase russe couvre deux phrases françaises. Книга на столе Kníga na stolié se traduit aussi bien par « le livre est sur la table » que par « un livre est sur la table ». Le russe marque cette différence autrement, et c’est le sujet de la page sur l’absence d’articles.
Autrement dit, la langue russe déplace la difficulté plutôt qu’elle ne l’augmente. Reste à savoir où elle la déplace.
C’est le principe unique dont découle presque tout le reste. Un nom russe change de forme selon sa fonction dans la phrase. Les mots « livre » et « journal » n’ont pas la même finale selon qu’ils sont sujet ou complément d’objet.
Un même nom, deux terminaisons : sa fonction a changé, sa finale aussi. C’est déroutant au début, et c’est aussi ce qui donne au russe une liberté que le français n’a pas : puisque les terminaisons disent qui fait quoi, l’ordre des mots n’a plus à le dire.
Dans chaque paire, les deux phrases disent exactement qui fait quoi à qui. Ce qui change, c’est la mise en relief. Déplacer un mot en français change le sens ou casse la phrase ; en russe, cela change l’éclairage. Encore faut-il que les deux formes se distinguent : lorsqu’elles se confondent, c’est de nouveau l’ordre des mots qui tranche.
Cette page ne vous donnera aucune terminaison. Le mécanisme général est exposé dans une langue à désinences ; le détail appartient aux trente-quatre autres pages du dossier, dont voici la carte.
Trente-trois lettres. Une dizaine se lisent presque comme les nôtres, quelques-unes ressemblent aux nôtres et se lisent tout autrement — c’est le seul vrai piège de l’alphabet, et la page de l’alphabet en donne le détail. Deux ou trois heures suffisent pour que des mots de ce genre se déchiffrent d’eux-mêmes.
Le déchiffrage venu, une partie du vocabulaire se donne toute seule. Le russe a emprunté largement, et ces mots-là ne s’apprennent pas, ils se reconnaissent.
La vraie difficulté est ailleurs. Le russe oppose des consonnes dures et des consonnes molles, et cette opposition distingue des mots entiers. Une oreille française ne l’entend pas au départ ; elle s’y fait, mais il y faut de l’écoute.
Huit pages traitent cette famille, chacune sous un angle : l’alphabet cyrillique et ses faux amis graphiques, les voyelles par paires, les consonnes molles, le signe mou et le signe dur, la réduction des voyelles, l’assourdissement en fin de mot, la règle des sept lettres et la cursive et le clavier.
Un mot russe a une syllabe accentuée, et une seule. Sa place n’est pas prévisible, elle n’est pas notée dans les textes ordinaires, et elle distingue parfois deux mots sans rapport.
Cinq paires écrites à l’identique, dix mots différents. Ajoutez que l’accent peut se déplacer d’une forme à l’autre d’un même mot, et que les voyelles non accentuées se transforment nettement à l’oral : хорошо khorochó, « bien », ne se prononce pas comme il s’écrit. Un mot lu syllabe par syllabe et le même mot dit à vitesse normale se ressemblent peu. C’est la raison pour laquelle tant de gens qui lisent le russe ne comprennent rien à une conversation.
Quatre pages s’en occupent : l’accent tonique lui-même, la lettre ё, toujours accentuée et presque jamais écrite, l’accent mobile du nom et l’accent mobile du verbe.
Chaque nom russe appartient à l’un des trois genres, et ce genre ne recoupe pas le nôtre.
La forme du mot permet de trancher presque à coup sûr, et certains mots courants y échappent. La page des trois genres donne le critère et les exceptions ; les noms en signe mou sont traités à part, car ce sont les seuls où la forme ne dit pas le genre.
Vient ensuite la question des six cas, que nous avons choisi de couper en deux familles, pour une raison simple : savoir à quoi sert un cas et savoir quelle terminaison écrire sont deux apprentissages distincts, et les mélanger est la première cause d’abandon.
Les emplois, sans une seule désinence : les six cas en bloc, l’accusatif, la frontière animé / inanimé, le génitif, le génitif de négation, le datif, l’instrumental, le prépositionnel, le second locatif et quel cas après quel verbe.
Les formes, sans un seul emploi : le masculin, le féminin, le neutre, le pluriel des noms, le génitif pluriel, la voyelle mobile et les pluriels irréguliers.
Ces dizaines de formes impressionnent en tableau. Rappelons qu’aucun locuteur ne choisit un cas en réfléchissant : un enfant russe les manie tous dès l’enfance, sans savoir qu’ils existent. Ils s’installent par exposition, et les tableaux ne servent qu’à comprendre après coup ce que l’oreille a déjà accepté.
Les pages consacrées au verbe russe — conjugaison, temps, impératif, verbes de mouvement — et celles consacrées à l’aspect paraîtront prochainement, et seront reliées ici dès leur publication. Disons seulement ceci : presque chaque verbe russe existe en deux exemplaires, делать diélat’ et сделать sdiélat’ pour « faire », писать pissát’ et написать napissát’ pour « écrire ».
Trois autres couples, que le français rend chaque fois par un seul et même verbe :
C’est la particularité la plus profonde de la langue, et celle qui n’a aucun équivalent français. Les grammaires universitaires elles-mêmes finissent par renvoyer à l’usage.
Rien de tout cela ne vous fera prononcer une phrase. Comprendre comment la langue est bâtie aide à reconnaître ce que l’on entend ; c’est l’écoute qui installe les formes. Notre cours de russe reprend l’ordre naturel : l’oreille d’abord, la règle ensuite, l’écriture plus tard ou jamais. Vos premiers mots seront ceux-ci, et vous les direz sans avoir lu une seule lettre cyrillique.
Le dossier russe fait partie de notre grammaire gratuite, qui couvre douze langues.
Vingt-cinq questions sur ce que cette page expose : ce que le russe n’a pas, le genre des noms, la fonction qui commande la finale, l’accent tonique, les consonnes molles, les couples de verbes et l’organisation du dossier. Touchez une réponse, puis Correction.
Cent pages qui se répondent, des sons de la langue à son histoire, avec des exercices corrigés sur chacune. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Par la page « Une langue à désinences », qui expose le principe unique dont découle le reste, puis par celle de l’alphabet cyrillique si vous souhaitez lire. Les pages de cas et de déclinaison se consultent ensuite, au fil des besoins.
Deux à trois heures pour déchiffrer, quelques jours pour ne plus buter sur les lettres. Le problème n’a jamais été sa difficulté mais sa position : placé tout au début, il décourage avant le premier résultat. Nos leçons audio s’en passent entièrement.
Parce que ce sont deux apprentissages différents. Savoir que le génitif marque la possession ne dit pas quelle lettre écrire à la fin du mot, et inversement. Les mélanger sur une même page produit des pages illisibles et des apprenants découragés.
C’est même la seule façon de les employer à vitesse de conversation. Un enfant russe les maîtrise dans l’enfance sans avoir vu un tableau. Les tableaux restent utiles pour comprendre après coup, jamais pour produire en temps réel.
Elle demande plus d’exposition, car le vocabulaire offre moins d’appuis familiers, les emprunts internationaux mis à part. Mais elle n’a ni articles, ni verbe « être » au présent, ni concordance des temps, et son orthographe, la place de l’accent une fois connue, se lit avec bien moins d’exceptions que celle de l’anglais.
Aucune règle à appliquer. Elle présente la langue, oriente vers les trente-quatre pages qui traitent chaque point en détail, exemples et tableaux à l’appui, et ses exercices ne portent que sur les exemples qu’elle cite.
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