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Cours de langues›Masculin et féminin

Masculin et féminin en darija : plus régulier qu’en français

Deux genres, une marque du féminin quasi systématique, et une surprise : on ne dit pas « tu » de la même façon à un homme et à une femme.

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Le féminin se voit, et s’entend

Comme le français, le darija algérien connaît deux genres. Mais là où le français rend le genre largement imprévisible — pourquoi « table » serait-il féminin et « bureau » masculin ? — le darija le signale par une marque presque systématique : la plupart des noms féminins se terminent par une voyelle caractéristique.

Cette terminaison sert aussi à féminiser : on l’ajoute à un masculin pour obtenir le féminin correspondant, chez les noms de personnes comme chez les adjectifs. Le procédé est régulier et se transpose sans effort.

Restent quelques exceptions. Certains noms sont féminins sans en porter la marque — les parties du corps qui vont par paire, plusieurs noms de villes et de pays, quelques éléments naturels. Ils se comptent, et ils s’apprennent au fil des rencontres.

La conséquence qui surprend le plus

En darija, on ne s’adresse pas de la même façon à un homme et à une femme. La deuxième personne du singulier a deux formes distinctes : un « tu » masculin et un « tu » féminin, qui diffèrent au niveau du pronom, du verbe, de l’impératif et des suffixes possessifs.

C’est une distinction que le français ignore totalement, et un francophone l’oublie systématiquement au début. Employer la forme masculine avec une femme n’est pas une faute grave, mais elle s’entend immédiatement — comme si vous disiez « il » en parlant d’une femme en français.

Le réflexe se prend, mais uniquement par l’usage. Aucun tableau ne vous fera choisir la bonne forme en temps réel : il faut avoir entendu des centaines de phrases adressées à des hommes et à des femmes, jusqu’à ce que le choix devienne automatique.

Ce que le darija simplifie

Pas de genre au pluriel

Au-delà du singulier, la distinction disparaît complètement. Un seul « ils » pour les deux genres, une seule forme verbale, un seul accord d’adjectif. L’arabe classique, lui, maintient la distinction partout. Voir le pluriel.

Un seul article

L’article défini ne s’accorde pas : une seule forme pour le masculin et le féminin, le singulier et le pluriel. Voir l’article défini.

Le genre est prévisible

À la différence du français, la terminaison suffit presque toujours à déterminer le genre d’un nom inconnu. Vous n’avez donc pas à mémoriser le genre de chaque mot, ce qui représente une économie considérable.

Pas de neutre, pas de troisième genre

Deux genres, point. Rien de comparable aux trois genres de l’allemand ou du russe, ni aux classes nominales de certaines langues africaines.

Bilan honnête : le genre est plus simple qu’en français sur presque tous les plans, sauf un — le tutoiement différencié, qui demande une vigilance nouvelle. C’est exactement le genre de détail qu’une leçon audio quotidienne installe sans que vous ayez à y penser.

Exercices : le masculin et le féminin

Chaque question porte sur le genre en darija algérien, sur la marque du féminin et sur le tutoiement différencié. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Le darija algérien compte ___ genres.
  2. Pour le genre, le darija est comparable ___.
  3. La plupart des noms féminins se reconnaissent à ___.
  4. Pour obtenir le féminin correspondant à un masculin, on ___.
  5. Jedd désigne le grand-père. La grand-mère se dit ___.
  6. Qahwa, le café, porte la terminaison caractéristique. Ce nom est donc ___.
  7. Koujina, la cuisine, est un emprunt au français. Sa terminaison indique qu’il est ___.
  8. Restent quelques exceptions : certains noms sont féminins ___.
  9. Yedd, la main, ne porte pas la terminaison du féminin. Ce nom est pourtant ___.
  10. 3in, l’œil, et redjel, le pied, comptent parmi les exceptions parce que ce sont ___.
  11. Parmi les autres exceptions figurent ___.
  12. La deuxième personne du singulier a ___.
  13. La distinction de genre à la deuxième personne touche ___.
  14. Employer la forme masculine en s’adressant à une femme est ___.
  15. Le réflexe du tutoiement différencié s’installe ___.
  16. Au-delà du singulier, la distinction de genre ___.
  17. L’article défini s’accorde-t-il en genre ? ___
  18. Faut-il mémoriser le genre de chaque nom, comme en français ? ___

Tout le darija algérien : grammaire et vocabulaire

Soixante-deux pages qui se répondent — la mécanique de la langue d'un côté, le vocabulaire par thème de l'autre, et des exercices corrigés au bas de chacune. À parcourir dans l'ordre, ou au gré de vos questions.

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Questions fréquentes

Combien de genres compte le darija algérien ?

Deux : masculin et féminin. Pas de neutre, pas de troisième genre. La plupart des noms féminins portent une terminaison caractéristique, ce qui rend le genre bien plus prévisible qu’en français.

Dit-on « tu » différemment à un homme et à une femme ?

Oui, et c’est la principale surprise pour un francophone. Le pronom, le verbe, l’impératif et les suffixes possessifs changent tous selon le genre de la personne à qui l’on parle.

Le genre existe-t-il au pluriel ?

Non, il disparaît complètement : un seul « ils » pour les deux genres, une seule forme verbale, un seul accord d’adjectif. L’arabe classique, lui, maintient la distinction partout.

Faut-il mémoriser le genre de chaque nom ?

Beaucoup moins qu’en français. La terminaison suffit presque toujours à déterminer le genre d’un nom inconnu. Seules quelques exceptions — parties du corps allant par paire, noms de villes — s’apprennent au cas par cas.

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