La grammaire, elle, est la même du Mexique à la Terre de Feu. Ce qui change, ce sont les mots du quotidien — et ce sont précisément ceux dont vous avez besoin toutes les heures.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Un Argentin, un Mexicain et un Cubain nomment de trois façons différentes l’engin dans lequel ils montent pour aller travailler. Aucun des trois ne fait de faute. Chacun emploie le mot de son pays, et les trois mots sont espagnols.
C’est le point sur lequel l’enseignement scolaire laisse le plus démuni. On sort du lycée avec un vocabulaire cohérent, celui de la péninsule, et l’on découvre en descendant de l’avion que la voiture, l’autobus, le téléphone, le jus de fruit, la veste et la piscine ne portent pas ces noms-là. Rien de tout cela n’est difficile : c’est une liste, et une liste courte au regard de l’ensemble du lexique. Mais c’est une liste à connaître, parce qu’elle contient les mots de la première heure.
Un mot sur le périmètre de cette page. Elle inventorie des mots d’origine espagnole qui se sont spécialisés autrement selon les pays. Les mots venus des langues du continent, comme le nom de la pomme de terre ou celui de l’épi de maïs, forment un autre inventaire, traité à la page les langues amérindiennes. Quant aux pronoms d’adresse, qui ne sont pas du vocabulaire mais de la grammaire, ils relèvent des pages tú, usted et ustedes et le voseo.
Voici le noyau dur : une douzaine de mots qui reviennent chaque jour, et pour lesquels la forme apprise à l’école n’est pas celle que vous entendrez. La colonne de droite indique les pays, parce que la question n’est jamais « comment dit-on en Amérique » mais « comment dit-on ici ».
| En français | En Espagne | En Amérique |
|---|---|---|
| la voiture | el coche | el carro au Mexique, en Amérique centrale, en Colombie, au Venezuela et aux Antilles ; el auto dans le Cône sud, au Chili et au Pérou |
| l’autobus urbain | el autobús | el camión au Mexique ; la guagua à Cuba, à Porto Rico et en République dominicaine ; el colectivo en Argentine ; la micro au Chili ; el bus en Colombie et au Pérou |
| conduire | conducir | manejar |
| se garer | aparcar | estacionar dans le Cône sud et au Mexique ; parquear en Colombie, en Amérique centrale et aux Antilles |
| l’essence | la gasolina | la nafta en Argentine, en Uruguay et au Paraguay ; la bencina au Chili ; la gasolina ailleurs |
| le trottoir | la acera | la banqueta au Mexique ; la vereda dans le Cône sud et au Pérou ; el andén en Colombie |
| le téléphone portable | el móvil | el celular, partout |
| l’ordinateur | el ordenador | la computadora au Mexique et au Río de la Plata ; el computador en Colombie et au Chili |
| l’appartement | el piso | el departamento au Mexique, au Chili, au Pérou et au Río de la Plata ; el apartamento en Colombie, en Amérique centrale et aux Antilles |
| l’ascenseur | el ascensor | el elevador au Mexique et en Amérique centrale ; el ascensor ailleurs |
| louer un logement | alquilar | rentar au Mexique ; arrendar au Chili et en Colombie ; alquilar au Río de la Plata |
Deux remarques pratiques. La première est que le mot d’Espagne reste compris presque partout, même quand il n’est pas employé : dire el coche à Lima ne provoquera aucune incompréhension, seulement un sourire. La seconde est que l’inverse est vrai aussi, et c’est plus utile encore : les variantes américaines circulent d’un pays à l’autre par les séries, la musique et les réseaux, et un Chilien sait parfaitement ce qu’est un camión mexicain.
Choisissez-en une, comprenez les autres. Il n’y a aucun intérêt à mémoriser les cinq noms de l’autobus avant de partir. Retenez celui du pays où vous allez, employez-le, et apprenez à reconnaître les autres passivement. C’est exactement ainsi que font les hispanophones eux-mêmes.
La deuxième vague de mots arrive au restaurant et dans les boutiques. Elle est moins urgente que la première, mais plus vaste, et c’est là que les surprises sont les plus fréquentes.
| En français | En Espagne | En Amérique |
|---|---|---|
| le jus de fruit | el zumo | el jugo, partout |
| la pêche | el melocotón | el durazno |
| l’abricot | el albaricoque | el damasco dans le Cône sud et au Pérou |
| la fraise | la fresa | la frutilla en Argentine, au Chili, en Uruguay et en Équateur ; la fresa au Mexique et en Colombie |
| le serveur | el camarero | el mesero au Mexique, en Colombie et en Amérique centrale ; el mozo au Río de la Plata ; el mesonero au Venezuela |
| le tee-shirt | la camiseta | la playera au Mexique ; la remera en Argentine ; la polera au Chili ; la franela au Venezuela |
| la veste | la chaqueta | la campera en Argentine ; la chamarra au Mexique ; el saco pour la veste de costume |
| la jupe | la falda | la pollera au Río de la Plata et au Panama |
| les lunettes | las gafas | los lentes au Mexique ; los anteojos dans le Cône sud |
| les chaussettes | los calcetines | las medias dans une grande partie du continent |
| la piscine | la piscina | la alberca au Mexique ; la pileta en Argentine ; la piscina ailleurs |
| le réfrigérateur | la nevera | el refrigerador au Mexique et au Chili ; la heladera au Río de la Plata ; la nevera en Colombie et au Venezuela |
On pourrait allonger la liste presque indéfiniment, et ce serait inutile. Ce qu’il faut retenir est le principe : quand un objet est très ordinaire, il a de bonnes chances de porter plusieurs noms selon les pays ; quand il est abstrait ou savant, il n’en porte qu’un. Le vocabulaire de la cuisine et de la rue varie beaucoup, celui du droit, de la médecine ou des idées presque pas.
Le continent est en contact direct et constant avec l’anglais, par le voisinage, par les migrations, par le doublage et par la technique. Il en résulte une série de mots que l’Espagne rend autrement, et qui n’ont rien de familier ni de fautif : ce sont les mots ordinaires de la chose.
Le phénomène ne va pas dans un seul sens, et il ne faut pas en tirer de conclusion sur la santé de la langue : l’espagnol d’Espagne emprunte lui aussi, simplement à d’autres endroits et pour d’autres domaines. L’important, pour un apprenant, est de reconnaître ces mots quand ils passent, sans les prendre pour de l’argot.
Une partie du lexique commun a pris, dans certains pays, un sens que l’on ne veut pas produire à la caisse d’un supermarché. Le point important est que ces sens sont régionaux : le même mot est parfaitement anodin ailleurs, ce qui explique que personne ne vous en ait jamais averti au lycée.
| Mot | Sens ordinaire | À éviter |
|---|---|---|
| coger | prendre, attraper, en Espagne et en Colombie | Mexique, Argentine, Uruguay, Chili et une bonne partie du continent |
| concha | le coquillage, au Mexique et en Espagne | Argentine, Uruguay, Chili, Pérou |
| pico | le bec, la pointe, le sommet | Chili |
| pija | ailleurs, un adjectif de snobisme | Argentine |
| bicho | la bestiole, l’insecte | Porto Rico |
| cajeta | une confiture de lait, au Mexique | Argentine, Uruguay |
Pour coger, qui est le plus gênant parce que le plus utile, la solution est simple et elle vaut partout : employez tomar ou agarrar.
D’autres mots ne sont pas gênants mais franchement trompeurs, et ils causent plus de malentendus quotidiens que les précédents.
La règle de conduite tient en une phrase : en cas de doute, employez le mot le plus neutre que vous connaissez, et demandez. Personne ne se formalise d’une question sur un mot ; tout le monde se souvient d’un mot mal choisi.
Il y a un trait de vocabulaire que l’on remarque dès la première conversation et dont aucun manuel ne dit assez l’importance : en Amérique, on ajoute un diminutif à presque tout. Le suffixe le plus courant est -ito, ou -cito après certaines finales, et il ne signifie presque jamais « petit ».
Il sert à adoucir, à rapprocher, à rendre une demande moins abrupte, à offrir sans imposer. C’est un outil de politesse, pas un langage pour enfants, et un francophone qui ne l’emploie jamais passe pour sec sans le savoir.
Après un mot terminé par t, le Costa Rica, plusieurs pays des Antilles et une partie de la Colombie emploient -ico au lieu de -ito. Le détail paraît minuscule ; il est si caractéristique que les Costaricains en ont tiré leur surnom, los ticos.
Le procédé s’applique aussi à des mots qui n’en semblent pas justiciables, en particulier des adverbes, ce qui surprend toujours un francophone : ahorita, lueguito, tantito, aquicito. On entend de même, dans les Andes et en Amérique centrale, un diminutif posé sur une forme verbale, corriendito, « en courant, vite fait ».
Ne le confondez pas avec une manière enfantine de parler. Un avocat costaricain dira un momentico à un client, et une vendeuse de Medellín un ratico à sa patronne. Le diminutif appartient au registre courant et poli ; c’est son absence, et non sa présence, qui s’entend.
Ne l’apprenez pas par cœur. Elle est là pour être consultée, et pour vous éviter la seule erreur qui coûte : croire qu’un mot inconnu est un mot difficile, alors que c’est le plus souvent un mot ordinaire que vous connaissez déjà sous un autre nom.
La bonne méthode tient en trois gestes. Choisir un pays de référence, celui où vous allez ou celui dont vous aimez l’accent, et adopter son vocabulaire. Écouter beaucoup, y compris des voix d’autres pays, pour que les variantes deviennent familières sans effort. Et accepter d’employer, au début, le mot général plutôt que le mot local : el autobús vous mènera à destination dans les vingt pays.
Le reste s’acquiert à l’oreille. C’est ce que travaille notre cours d’espagnol, en leçons audio courtes dites par des locuteurs d’Amérique : la première leçon est gratuite, la suite est comprise dans l’abonnement. Pour situer ce vocabulaire dans l’ensemble des écarts, voyez la grammaire complète ; pour entendre d’où viennent les différences de prononciation, les accents d’Amérique. L’ensemble des dossiers de langue est accessible depuis la page de grammaire.
Complétez avec le mot employé dans le pays indiqué. Touchez une réponse, puis Correction.
Ces énoncés portent sur les mots à surveiller, les anglicismes et les suffixes affectifs. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. La langue telle qu'on la parle du Mexique à l'Argentine : ustedes partout, le voseo, le prétérit simple, et les deux murs du francophone — ser ou estar, et le subjonctif.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Une douzaine suffit pour la première semaine : carro ou auto pour la voiture, celular pour le portable, computadora pour l’ordinateur, jugo pour le jus, manejar pour conduire, et le nom de l’autobus dans le pays où vous allez.
Presque toujours. Les mots de la péninsule sont connus par les livres, les traductions et les films ; ils sont seulement perçus comme étrangers. L’inverse est vrai aussi : les variantes américaines circulent d’un pays à l’autre par les séries et la musique.
Au Mexique, en Argentine, en Uruguay, au Chili et dans une grande partie du continent, oui, car il y a pris un sens sexuel. Employez tomar ou agarrar : ces deux verbes passent partout, y compris en Espagne.
Parce que le suffixe ne dit pas « petit » mais adoucit : il rend une demande moins directe, une offre moins insistante, un refus moins sec. C’est un outil de politesse courant, employé par les adultes entre eux dans toutes les situations.
C’est plus confortable, sans être indispensable. Adoptez le vocabulaire d’un pays pour parler, et écoutez largement les autres pour les comprendre. Au début, le mot général reste une solution honorable : el autobús vous mènera à destination partout.
Oui, avec l’indication des pays où ils s’emploient. Ce ne sont pas des écarts tolérés mais des usages décrits, et un journal de Mexico ou de Buenos Aires les écrit sans guillemets.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →