C’est le temps du récit, et celui que vous entendrez le plus souvent en Amérique latine. Un petit groupe de verbes y prend des terminaisons sans accent, là où l’on attend une finale tonique : tuve, hizo, dijeron.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Le prétérit est la forme simple du passé, en un seul mot, sans auxiliaire : hablé, comió, vivimos. Les grammaires hispaniques l’appellent pretérito ou pretérito perfecto simple ; les manuels français disent parfois passé simple, ce qui induit en erreur, car ce temps n’a rien de littéraire. Il se dit au marché, au téléphone et entre amis.
C’est même la forme la plus utilisée du passé en Amérique latine, et elle y couvre un terrain plus large qu’en Espagne, où une partie de son travail revient au temps composé : ce recul du composé est décrit sur la page les temps composés, et n’est pas repris ici.
Cette page ne traite qu’une chose : la fabrication des formes. Les trois paradigmes réguliers, les verbes dont l’orthographe bouge à la première personne, ceux dont la voyelle change à la troisième, et le groupe des prétérits forts, qui sont la vraie difficulté. La question de savoir quand employer le prétérit plutôt que l’imparfait n’est pas abordée : elle a sa page, prétérit ou imparfait, et elle suppose que les formes ci-dessous soient déjà en place.
Un mot sur les personnes. Les paradigmes de ce dossier en comptent cinq, et non six : ustedes est l’unique pluriel de la deuxième personne en Amérique, si bien qu’il n’existe pas de forme à apprendre pour vosotros. Au prétérit, le vos des pays voseants n’a pas de forme propre non plus : il prend celle de tú, vos hablaste comme tú hablaste. Les temps où vos se conjugue à part sont décrits sur la page le voseo.
Les verbes en -er et les verbes en -ir ont exactement les mêmes terminaisons au prétérit. Il n’y a donc que deux séries à retenir : celle des verbes en -ar et celle des deux autres groupes réunis.
| Personne | hablar | comer | vivir |
|---|---|---|---|
| yo | hablé | comí | viví |
| tú, vos | hablaste | comiste | viviste |
| él, ella, usted | habló | comió | vivió |
| nosotros | hablamos | comimos | vivimos |
| ellos, ellas, ustedes | hablaron | comieron | vivieron |
Deux formes de chaque paradigme portent un accent, et il est indispensable : la première et la troisième personne du singulier. Sans lui, la forme existe encore, mais elle désigne autre chose. hablo signifie « je parle », habló signifie « il a parlé » ; la seule différence tient à ce trait. De même llamo et llamó, ou trabajo et trabajó.
L’accent n’est donc pas décoratif : il indique où tombe la voix, et le prétérit régulier est accentué sur la terminaison, jamais sur le radical. Les règles générales qui commandent cette marque écrite sont exposées sur la page l’accent et la tilde.
Pour les verbes en -ar et en -ir, la première personne du pluriel est identique au présent : hablamos et vivimos servent aux deux temps. Le contexte suffit toujours à trancher, et les hispanophones ne s’en aperçoivent même pas. Les verbes en -er, eux, distinguent bien les deux : comemos au présent, comimos au prétérit.
Les verbes en -ar et en -er qui changent de voyelle au présent redeviennent réguliers au prétérit. pensar donne pensé, contar donne conté, volver donne volví, perder donne perdí : aucune trace de la diphtongue de pienso, cuento, vuelvo, pierdo. Le mécanisme de ces alternances au présent est traité sur la page les irréguliers du présent, et il ne déborde pas ici.
Trois familles de verbes en -ar modifient leur dernière consonne à la première personne du singulier, et à cette personne seulement. La raison est purement graphique : la terminaison -é commence par une voyelle qui changerait la lecture de la consonne précédente si on ne l’ajustait pas.
| Finale de l’infinitif | Devient | Exemples |
|---|---|---|
| -car | -qué | buscar → busqué, sacar → saqué, tocar → toqué |
| -gar | -gué | llegar → llegué, pagar → pagué, jugar → jugué |
| -zar | -cé | empezar → empecé, cruzar → crucé, almorzar → almorcé |
| -guar | -güé | averiguar → averigüé |
Aucune de ces retouches ne s’entend. En Amérique, empecé se prononce avec le même s que empezar, parce que la lettre z et la lettre c y valent le même son ; le détail de cette prononciation est sur la page le seseo et le yeísmo. Les quatre autres personnes gardent la consonne de l’infinitif : buscaste, buscó, buscamos, buscaron.
Quand le radical d’un verbe en -er ou en -ir se termine par une voyelle, le i des terminaisons de troisième personne se change en y. Les autres personnes gardent le i, avec un accent écrit, car il forme à lui seul une syllabe.
| Verbe | Troisième singulier | Troisième pluriel | Autres personnes |
|---|---|---|---|
| leer | leyó | leyeron | leí, leíste, leímos |
| oír | oyó | oyeron | oí, oíste, oímos |
| creer | creyó | creyeron | creí, creíste, creímos |
| caer | cayó | cayeron | caí, caíste, caímos |
| construir | construyó | construyeron | construí, construiste, construimos |
Un groupe de verbes en -ir ferme la voyelle de son radical, mais uniquement aux deux troisièmes personnes. Partout ailleurs, le radical est celui de l’infinitif. C’est la seule irrégularité du prétérit qui soit localisée de cette façon, et elle est très régulière une fois reconnue : e devient i, o devient u.
Les verbes pronominaux de ce groupe se comportent de la même façon : se vistió, se divirtieron, se durmió.
Voici le cœur de la difficulté, et la bonne nouvelle est que le groupe est fermé : une liste, à apprendre une fois. Ces verbes se comportent tous de la même manière. Leur radical change, et ils prennent une série de terminaisons qui n’est ni celle des verbes en -ar ni celle des verbes en -er.
| Personne | Terminaison | tener (radical tuv-) |
|---|---|---|
| yo | -e | tuve |
| tú, vos | -iste | tuviste |
| él, ella, usted | -o | tuvo |
| nosotros | -imos | tuvimos |
| ellos, ellas, ustedes | -ieron | tuvieron |
Deux points méritent d’être soulignés, parce qu’ils sont la source de presque toutes les fautes de francophones. Les terminaisons de la première et de la troisième personne du singulier n’ont pas d’accent écrit et ne sont pas accentuées à l’oral. On dit tuve avec la voix sur la première syllabe, comme hizo, dijo, puso. Écrire tuvé ou prononcer la finale revient à fabriquer une forme qui n’existe pas. Et ces terminaisons sont les mêmes pour tous les verbes de la liste, quel que soit leur infinitif : un verbe en -ar comme andar les prend aussi.
| Infinitif | Radical | Première personne | Troisième du pluriel |
|---|---|---|---|
| tener | tuv- | tuve | tuvieron |
| estar | estuv- | estuve | estuvieron |
| andar | anduv- | anduve | anduvieron |
| poder | pud- | pude | pudieron |
| poner | pus- | puse | pusieron |
| saber | sup- | supe | supieron |
| caber | cup- | cupe | cupieron |
| querer | quis- | quise | quisieron |
| venir | vin- | vine | vinieron |
| hacer | hic- | hice | hicieron |
| haber | hub- | hube | hubieron |
| decir | dij- | dije | dijeron |
| traer | traj- | traje | trajeron |
| conducir | conduj- | conduje | condujeron |
Regardez la dernière colonne. Les radicaux terminés par j font dijeron, trajeron, condujeron, et non dijieron : le i de la terminaison disparaît. C’est la seule entorse à la régularité du groupe, elle ne concerne que la troisième personne du pluriel, et elle vaut pour toute la famille des verbes en -ducir, qui est nombreuse : traducir donne tradujeron, producir donne produjeron, introducir donne introdujeron.
Le radical de hacer est hic-, mais la troisième personne du singulier s’écrit hizo, avec un z. Là encore c’est une affaire de lettres et non de sons : devant o, un c se lirait comme le c de casa. Le paradigme complet est donc hice, hiciste, hizo, hicimos, hicieron.
Quatre verbes très fréquents ont un prétérit bref, sans accent écrit d’un bout à l’autre. Ils sont à part parce que leurs formes sont monosyllabiques à la première et à la troisième personne du singulier, ce qui interdit l’accent.
| Personne | ser / ir | dar | ver |
|---|---|---|---|
| yo | fui | di | vi |
| tú, vos | fuiste | diste | viste |
| él, ella, usted | fue | dio | vio |
| nosotros | fuimos | dimos | vimos |
| ellos, ellas, ustedes | fueron | dieron | vieron |
ser et ir partagent un seul et même prétérit. Deux verbes, une seule série de formes, et aucun risque de confusion en pratique : le complément désigne immédiatement lequel des deux est employé. Avec un lieu vers lequel on se déplace, c’est « aller » ; avec un attribut, c’est « être ».
Ni fué, ni dió, ni vió. Ces trois formes s’écrivaient autrefois avec un accent, et on les rencontre encore dans de vieux livres. La norme actuelle, commune à tout le monde hispanophone, ne l’écrit plus : un mot d’une seule syllabe n’a pas à signaler où tombe la voix. Écrire fué aujourd’hui est simplement une faute d’orthographe.
Ne pas accentuer les prétérits forts. C’est la faute la plus tenace, parce que le paradigme régulier installe l’habitude inverse : on vient d’apprendre hablé et habló, la voix sur la fin, et l’on transpose. Or les formes fortes portent la voix sur le radical. Dites-vous que tuve se prononce comme le prénom se prononcerait, en appuyant sur le début, et que la finale reste sourde. Un moyen simple de contrôler : si la forme n’a pas d’accent écrit, elle n’est pas accentuée sur la fin.
Ne pas régulariser les radicaux. hací, tení, poní, sabí, querió, venió n’existent pas. Il n’y a pas de raccourci : la liste des radicaux forts s’apprend, et elle est heureusement courte et fermée. En revanche, une fois le radical connu, les cinq formes tombent d’elles-mêmes, car les terminaisons ne varient jamais.
Ne pas ajouter de s à la deuxième personne. La forme est hablaste, comiste, tuviste, sans s finale. On entend hablastes dans la conversation de plusieurs régions d’Amérique, y compris au Río de la Plata, mais la forme est considérée comme fautive partout et signalée comme telle à l’école : ne l’imitez pas.
Ces formes s’installent par l’oreille, pas par le tableau. Un hispanophone ne récite pas un radical : il a entendu dijo mille fois et la forme lui vient seule. C’est exactement ce que travaille le cours d’espagnol, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes où le prétérit arrive dans des phrases entières dites par des locuteurs d’Amérique. La première leçon est gratuite, la suite se fait par abonnement.
Choisissez la forme de prétérit correcte. L’indication entre parenthèses précise la personne attendue. Touchez une réponse, puis Correction.
Les verbes de cette série ont un radical modifié et des terminaisons sans accent. Choisissez la forme qui existe. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. La langue telle qu'on la parle du Mexique à l'Argentine : ustedes partout, le voseo, le prétérit simple, et les deux murs du francophone — ser ou estar, et le subjonctif.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Parce qu’il y couvre un terrain que l’Espagne partage davantage avec le temps composé. Un locuteur d’Amérique emploie le prétérit pour l’essentiel des faits passés, y compris très récents. Ce partage entre forme simple et forme composée est détaillé sur la page les temps composés.
Parce que le pluriel de la deuxième personne est toujours ustedes en Amérique latine, et qu’il se conjugue comme la troisième personne du pluriel : hablaron, comieron. La sixième ligne des manuels européens n’a donc pas de forme à apprendre ici.
Règle pratique : les prétérits réguliers portent un accent à la première et à la troisième personne du singulier (hablé, habló, comí, comió) ; les prétérits forts n’en portent aucun (tuve, tuvo, dije, dijo). La règle générale est expliquée sur la page l’accent et la tilde.
On ne les distingue pas par la forme, elle est identique, mais par ce qui suit. Un lieu vers lequel on va donne « aller » : Fuimos al mercado. Un attribut donne « être » : Fue un éxito. Aucune ambiguïté ne se produit en pratique.
Parce que l’espagnol écrit c devant e et i, mais z devant o et a, pour noter le même son. Le radical ne change pas ; seule la lettre s’adapte à la voyelle qui suit.
Non. Au prétérit, vos emploie la forme de tú : vos hablaste, vos comiste. Les temps où ce pronom a des formes propres sont présentés sur la page le voseo.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →