Le mandarin ne conjugue rien, mais il distingue deux façons de n’être pas achevé. 着 et 在 ne sont pas deux synonymes de notre présent : 他在开门 — tā zài kāi mén — « il est en train d’ouvrir la porte » ; 门开着 — mén kāizhe — « la porte est ouverte ».
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Le verbe mandarin ne change jamais de forme. Il ne porte ni personne, ni nombre, ni temps, et aucune des particules décrites ici ne dit quand la scène se passe : elles disent seulement comment le procès se présente. Le repère temporel, lui, vient d’un mot placé avant le verbe, selon la règle exposée à la page l’ordre des mots.
Deux outils marquent ce qui n’est pas achevé, et ils ne sont pas interchangeables. 在 zài, placé devant le verbe, dit qu’un procès avance. 着 zhe, collé derrière le verbe, dit qu’un état se maintient. Le français traduit les deux par un présent, et c’est là que tout se brouille.
着 ne porte aucun ton. C’est une syllabe atone, comme 了 et 过 ; sa hauteur est héritée de la syllabe précédente, ainsi que l’explique la page le ton neutre.
Cette page ne traite pas l’accompli. 了 n’y paraîtra que pour être écarté : ni 在 ni 着 ne disent jamais qu’une action est menée à son terme. Le détail de ce dernier appartient aux pages 了 après le verbe et 了 en fin de phrase, l’expérience à 过 et l’expérience vécue, et le choix entre toutes ces marques à le passé et l’aspect.
La marque se place après le sujet et avant le verbe, comme un adverbe. Elle vaut pour le moment où l’on parle, mais aussi bien pour un moment passé ou à venir : elle ne situe rien.
正在 zhèngzài insiste : le procès est saisi juste au moment voulu. 正 zhèng seul se rencontre surtout devant un verbe suivi de 着. Enfin, 呢 ne, en fin de phrase, souligne que la chose se poursuit ; il peut accompagner 在 ou porter seul cette valeur. Ses autres emplois relèvent de les particules finales.
Un procès en cours se nie par 没 méi, ou 没有 méiyǒu, jamais par 不 bù, qui nierait une habitude ou un refus. 正在 ne s’emploie pas à la forme négative. Le partage entre les deux négations appartient en propre à les deux négations.
Le même caractère occupe trois fonctions, et une seule est traitée ici.
| Fonction | Exemple | Où elle est traitée |
|---|---|---|
| Verbe, « se trouver » | 他在家。 Tā zài jiā. — « il est à la maison » | être, avoir, se trouver |
| Coverbe de lieu | 他在家吃饭。 Tā zài jiā chīfàn. — « il mange à la maison » | les prépositions verbales |
| Marque du procès en cours | 他在吃饭。 Tā zài chīfàn. — « il est en train de manger » | la présente page |
La ressemblance n’est pas un hasard : le coverbe et la marque d’aspect viennent du même verbe de localisation. Situer quelqu’un dans un lieu, puis le situer dans une action, est le même geste. Cela n’autorise pas à les mélanger : 他在家 se suffit à lui-même, 他在吃饭 exige un verbe derrière.
La particule se colle au verbe, sans espace ni pause. Elle ne décrit pas un mouvement, mais la situation laissée par un mouvement : la porte a été ouverte, et elle reste ouverte. Le verbe désigne l’acte, 着 en maintient le résultat sous les yeux.
| Verbe | Forme en 着 | Ce qu’elle décrit |
|---|---|---|
| 开 kāi | 开着 kāizhe | être ouvert, rester allumé |
| 关 guān | 关着 guānzhe | être fermé, être éteint |
| 穿 chuān | 穿着 chuānzhe | avoir sur soi un vêtement |
| 戴 dài | 戴着 dàizhe | porter un chapeau, des lunettes |
| 带 dài | 带着 dàizhe | avoir emporté avec soi |
| 拿 ná | 拿着 názhe | tenir à la main |
| 坐 zuò | 坐着 zuòzhe | être assis |
| 站 zhàn | 站着 zhànzhe | être debout |
| 躺 tǎng | 躺着 tǎngzhe | être allongé |
| 挂 guà | 挂着 guàzhe | être accroché |
| 放 fàng | 放着 fàngzhe | être posé |
| 写 xiě | 写着 xiězhe | porter une inscription |
| 停 tíng | 停着 tíngzhe | être à l’arrêt, être garé |
| 等 děng | 等着 děngzhe | demeurer dans l’attente |
La négation suit la même règle que pour le procès en cours : 没 ou 没有, jamais 不. Beaucoup de locuteurs laissent alors tomber 着 et se contentent du verbe nu.
C’est l’emploi le plus caractéristique de 着, et celui que le français rend le plus mal. Le lieu ouvre la phrase, le verbe suivi de 着 vient ensuite, et ce dont on annonce la présence arrive en dernier, précédé d’un nombre et de son classificateur. Notre langue dirait « il y a » ; le mandarin précise en outre dans quelle position la chose se trouve.
Deux renvois pour ne pas confondre les plans. Le suffixe de lieu 上 shang, les autres localisateurs et le verbe d’existence 有 relèvent de être, avoir, se trouver ; le nombre et son classificateur obligatoire, de les classificateurs. Ce que cette page ajoute est la seule chose que ces pages ne disent pas : la particule qui immobilise la scène.
Quand deux verbes se suivent et que le premier porte 着, le premier cesse de désigner un événement propre : il devient la manière, la posture ou le moyen du second. Le français emploie ici un participe présent, un gérondif ou une préposition ; le mandarin, une simple particule.
Un test simple sépare cette tournure des enchaînements décrits à les verbes qui s’enchaînent : dans une série, les deux verbes désignent deux événements successifs, et l’ordre reproduit celui des faits ; ici, il n’y a qu’un seul événement, et le premier verbe n’en donne que la façon. On ne se met pas debout puis on parle : on parle debout.
À l’impératif, 着 demande que la position soit tenue, et non qu’un geste soit fait. C’est une nuance qu’on entend tous les jours.
Pour « je suis en train de manger », on dit 我在吃饭 wǒ zài chīfàn, et non 我吃着饭. La seconde forme ne se rencontre guère seule : elle appelle un second verbe, comme dans 他吃着饭看电视 tā chīzhe fàn kàn diànshì, « il regarde la télévision en mangeant ».
是, 有, 知道 zhīdào, 认识 rènshi disent déjà un état par eux-mêmes et n’ont rien à prolonger. Les verbes instantanés le refusent pour la raison inverse : 死, 到, 结婚 ne durent pas. Ces classes sont établies à la page les classes de verbes.
Sur un même verbe, les deux particules s’excluent : un état qui se maintient n’est pas une action menée à son terme. 门开了 et 门开着 disent deux choses différentes, et la première appartient à 了 en fin de phrase.
Au deuxième ton, montant, le même caractère est un tout autre mot : un complément qui dit le but atteint. 我睡着了 wǒ shuìzháo le signifie « je me suis endormi », et non « je dors ». Cet emploi relève de le complément de résultat.
Le partage entre les deux marques tient à une seule question : quelque chose bouge-t-il ? Si un procès avance sous vos yeux, c’est 在. Si rien ne bouge et qu’une situation demeure, c’est 着.
Les deux marques se rencontrent dans une même phrase sans se gêner, puisqu’elles ne disent pas la même chose : 他正听着音乐呢 tā zhèng tīngzhe yīnyuè ne, « il est en train d’écouter de la musique » — la marque antéposée prend ici sa forme 正, celle qui va le plus volontiers devant un verbe en 着. L’une situe la scène dans son déroulement, l’autre maintient l’état. Rien n’oblige toutefois à les cumuler, et 他在听音乐 tā zài tīng yīnyuè suffit.
La règle se comprend en dix minutes ; le réflexe se gagne autrement. Savoir que 门开着 n’est pas 门开了 ne coûte qu’une lecture attentive ; produire la bonne particule sans y penser, dans une phrase qui avance, demande des centaines d’occurrences entendues. C’est le travail du cours de chinois, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes. Le plan du dossier est à la page la grammaire complète, et les autres langues à la page toute la grammaire.
Choisissez la forme qu’appelle chaque phrase : la marque du procès qui avance, celle de l’état qui dure, ou aucune des deux. La traduction française indique ce qu’il faut dire. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-cinq pages qui se répondent, des quatre tons aux compléments du verbe, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue sans conjugaison ni déclinaison, mais où tout se joue dans l'ordre et les particules.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
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在 se place devant le verbe et dit qu’un procès avance : 他在开门 Tā zài kāi mén, « il est en train d’ouvrir la porte ». 着 se colle derrière le verbe et dit qu’un état se maintient : 门开着 Mén kāizhe, « la porte est ouverte ». Le premier suppose que quelque chose bouge, le second que rien ne bouge.
我在吃饭 Wǒ zài chīfàn. On peut renforcer en 我正在吃饭呢 Wǒ zhèngzài chīfàn ne. La forme 我吃着饭 ne s’emploie guère seule : elle appelle un second verbe, comme dans 他吃着饭看电视 Tā chīzhe fàn kàn diànshì, « il regarde la télévision en mangeant ».
Avec 没 ou 没有, jamais avec 不 : 他没在看电视 Tā méi zài kàn diànshì, « il n’est pas en train de regarder la télévision ». 不 nierait une habitude ou un refus. 正在 ne s’emploie pas à la forme négative.
Il en fait la manière du second. 他站着说话 Tā zhànzhe shuōhuà signifie « il parle debout », et non « il se met debout puis parle ». De même 她笑着跟我说话 Tā xiàozhe gēn wǒ shuōhuà, « elle me parle en souriant », et 我们走着去 Wǒmen zǒuzhe qù, « nous y allons à pied ».
Parce que 知道 dit déjà un état par lui-même : il n’y a rien à prolonger. 是, 有 et 认识 refusent 着 pour la même raison, et les verbes instantanés comme 死 ou 到 le refusent pour la raison inverse, faute de durée.
Non. Comme marque d’aspect il est atone, mais le même caractère se lit zháo, au deuxième ton, montant, quand il sert de complément de résultat : 我睡着了 Wǒ shuìzháo le signifie « je me suis endormi », et non « je dors ».
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