Le mandarin ne possède ni « plus » ni « que ». Il glisse un seul mot-outil entre les deux termes, et l’adjectif reste nu — une mécanique simple, à condition de ne pas y glisser les adverbes du français.
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Le français emploie deux mots, l’un devant l’adjectif, l’autre devant le second terme : « plus grand que lui ». Le mandarin n’en emploie qu’un seul, et l’adjectif reste nu.
Le schéma tient en quatre places : A + 比 + B + adjectif. Le groupe en 比 bǐ s’insère entre le sujet et l’adjectif et ne se rejette jamais à la fin. La faute de calque 我高比他 wǒ gāo bǐ tā est la première que produit un francophone.
Une précision d’emblée. Cette page gradue une propriété : un adjectif, avec un adverbe devant lui ou avec 比. Elle ne traite pas l’évaluation de la manière d’une action, qui relève de la page le complément de degré. Le test est simple : si le degré précède l’adjectif, c’est la comparaison ; s’il suit le verbe avec 得 de, c’est le complément.
Un adjectif mandarin est par ailleurs un verbe : il se passe de copule et refuse 是 shì. Ce comportement est exposé à la page les adjectifs sont des verbes ; nous le tenons ici pour acquis.
Avant d’opposer deux termes, le mandarin situe une propriété sur une échelle. Tous ces outils se placent devant l’adjectif.
C’est le point le plus contre-intuitif du chapitre. 很 hěn est donné partout pour « très ». Dans la plupart des phrases, il ne le mérite pas : il sert de support et ne se traduit pas.
La raison est mécanique. Un adjectif employé seul comme prédicat sous-entend un contraste : 他高 tā gāo ne dit pas « il est grand » mais « lui, il est grand — un autre ne l’est pas ». Pour énoncer une propriété neutre, il faut occuper la place du degré, et 很 l’occupe sans rien y mettre. Pour dire réellement « très », le mandarin emploie 非常 fēicháng.
Ces deux formes ne s’échangent pas. 有点儿 yǒudiǎnr précède l’adjectif et exprime un désagrément. 一点儿 yìdiǎnr le suit et mesure un écart : c’est déjà un comparatif, neutre, fréquent dans les demandes.
Ce sens négatif est une contrainte, non une tendance : dire 有点儿便宜 yǒudiǎnr piányi pour « un peu moins cher » est une faute ; la forme attendue est 便宜一点儿 piányi yìdiǎnr.
比较 bǐjiào atténue : « plutôt, assez ». 太 tài marque l’excès et appelle presque toujours 了 le. 更 gèng et 还 hái disent « encore plus » et supposent un terme déjà connu. 最 zuì est le superlatif.
Notez 太好了 tài hǎo le : avec un adjectif favorable, l’excès devient un compliment.
| Forme | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| 很 hěn | support neutre, le plus souvent intraduisible | 他很高 tā hěn gāo — « il est grand » |
| 比较 bǐjiào | plutôt, assez | 今天比较冷 jīntiān bǐjiào lěng — « il fait assez froid » |
| 有点儿 yǒudiǎnr | un peu trop, avec déplaisir | 这个有点儿贵 zhège yǒudiǎnr guì — « c’est un peu cher » |
| 非常 fēicháng | extrêmement | 他非常忙 tā fēicháng máng — « il est extrêmement occupé » |
| 真 zhēn | vraiment, sur le ton de l’exclamation | 这儿真漂亮 zhèr zhēn piàoliang — « c’est vraiment beau ici » |
| 太…了 tài…le | trop, en excès | 太贵了 tài guì le — « c’est trop cher » |
| 更 gèng | encore plus | 这个更好 zhège gèng hǎo — « celui-ci est encore mieux » |
| 还 hái | encore plus, dans une phrase en 比 | 弟弟比哥哥还高 dìdi bǐ gēge hái gāo — « le cadet est encore plus grand que l’aîné » |
| 最 zuì | le plus, superlatif | 最好的办法 zuì hǎo de bànfǎ — « la meilleure solution » |
Signalons enfin 越来越 yuèláiyuè, qui gradue dans le temps plutôt qu’entre deux termes.
Les deux termes comparés peuvent être des groupes verbaux entiers, à condition qu’ils soient de même nature.
Le dernier exemple montre que 比 gradue aussi un verbe de sentiment comme 喜欢 xǐhuan, à condition qu’un adverbe de comparaison vienne devant ce verbe. Un prédicat qui se comporte en adjectif, comme 有意思 yǒu yìsi plus haut, s’en passe.
Dans une phrase en 比, l’adjectif refuse 很, 非常 et 太. 很 n’existe que pour empêcher un adjectif nu de sonner comparatif ; la phrase étant déjà comparative, le support n’a plus d’objet, et les autres adverbes d’intensité sont exclus avec lui.
Pour dire « beaucoup plus », il faut donc placer le degré après l’adjectif. Les deux seuls adverbes que la construction tolère devant lui, 更 et 还, disent « encore plus ».
Quatre compléments chiffrent la différence, soudés à l’adjectif, en fin de phrase : 一点儿, 得多, 多了 et une quantité chiffrée.
La quantité chiffrée s’écrit sans classificateur quand l’unité en tient lieu — 三岁 sān suì, 五公斤 wǔ gōngjīn. Les nombres et les unités sont exposés à la page nombres, dates et heures.
Un cas mixte, que nous ne développons pas : quand la comparaison porte sur la manière d’une action, le groupe en 比 se combine avec 得 — 他跑得比我快 tā pǎo de bǐ wǒ kuài, « il court plus vite que moi ». Cette mécanique appartient à la page le complément de degré.
Le mandarin distingue deux négations de la comparaison, et la différence est de sens, non de registre. 没有 méiyǒu établit une infériorité réelle : A est inférieur à B. C’est la forme courante. 不比 bù bǐ se contente de nier la supériorité de A, sans affirmer qu’il soit inférieur : les deux termes peuvent être à égalité. Elle sert à contester une comparaison déjà formulée, et sonne défensive.
Un démonstratif de degré facultatif peut s’intercaler après 没有 : 那么 nàme ou 这么 zhème, « aussi … que ça ».
La forme affirmative correspondante existe, avec 有 yǒu seul, et s’emploie surtout dans les questions.
Le dernier exemple introduit 不如 bùrú, plus écrit, de même sens : A n’atteint pas B. On remarquera que 比 se nie par 不 et 有 par 没 : ce partage est exposé à la page les deux négations.
Pour dire que deux termes se valent, le mandarin encadre le second par 跟 gēn et 一样 yíyàng, l’adjectif venant après 一样. 和 hé remplace couramment 跟.
La négation se loge devant 一样, et non devant 跟.
最 se place devant l’adjectif ou le verbe. Quand il qualifie un nom, le groupe se ferme par 的 de et vient devant ce nom.
Le dernier exemple mérite attention : le mandarin n’a pas de superlatif d’infériorité. « Le moins cher » se dit « le plus bon marché », et « le moins grand » 最矮 zuì ǎi. Le rôle de 的 devant un nom est traité à la page les relatives en 的.
| Construction | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| A 比 B + adj. | A est plus … que B | 我比他高 wǒ bǐ tā gāo |
| A 比 B + adj. + 一点儿 | un peu plus | 我比他高一点儿 wǒ bǐ tā gāo yìdiǎnr |
| A 比 B + adj. + 得多 / 多了 | beaucoup plus | 他比我大得多 tā bǐ wǒ dà de duō |
| A 比 B + adj. + quantité | plus de tant | 我姐姐比我大三岁 wǒ jiějie bǐ wǒ dà sān suì |
| A 比 B 更 / 还 + adj. | encore plus | 弟弟比哥哥还高 dìdi bǐ gēge hái gāo |
| A 没有 B (那么) + adj. | A est moins … que B | 我没有他高 wǒ méiyǒu tā gāo |
| A 不比 B + adj. | A n’est pas plus … que B | 我不比他高 wǒ bù bǐ tā gāo |
| A 跟 B 一样 (+ adj.) | A est aussi … que B | 我跟他一样高 wǒ gēn tā yíyàng gāo |
| 最 + adj. | le plus, superlatif | 他最高 tā zuì gāo |
Ces quatre formes sont fautives ; la correction figure en regard.
Une comparaison s’interroge comme toute autre phrase, par 吗 ma ou par la reprise affirmative-négative ; les procédés sont réunis à la page poser une question, et le plan du dossier est visible depuis notre grammaire.
La règle s’apprend en dix minutes ; le réflexe, non. Comprendre que 比 interdit 很 prend une phrase ; produire 我比他高得多 sans y penser, au milieu d’un échange, demande des heures d’écoute et de répétition. C’est exactement ce que travaille notre cours de chinois, entièrement audio, en leçons courtes.
Choisissez la forme qu’appelle chaque phrase. On travaille ici les adverbes de degré et la construction de base en 比. Touchez une réponse, puis Correction.
Même exercice, plus exigeant. On y travaille les deux négations de la comparaison, l’égalité, les compléments qui chiffrent la différence et les fautes de calque. Lisez la traduction avec attention : elle seule départage les formes. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-cinq pages qui se répondent, des quatre tons aux compléments du verbe, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue sans conjugaison ni déclinaison, mais où tout se joue dans l'ordre et les particules.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Avec 比 bǐ, placé entre les deux termes comparés et devant l’adjectif : 我比他高 wǒ bǐ tā gāo, « je suis plus grand que lui ». Il n’y a ni mot pour « plus » ni mot pour « que » : le seul 比 porte les deux.
Parce que 很 ne sert qu’à empêcher un adjectif isolé de sonner comparatif. Dans une phrase en 比, la comparaison est déjà établie, et le support devient inutile. 非常 et 太 sont exclus pour la même raison. Pour dire « beaucoup plus », on emploie 我比他高得多 wǒ bǐ tā gāo de duō.
La première affirme une infériorité : il est plus grand que moi. La seconde nie seulement ma supériorité et laisse l’égalité possible. 没有 est la forme courante ; 不比 sert surtout à contester une comparaison déjà formulée.
有点儿 précède l’adjectif et suppose un déplaisir : 有点儿贵 yǒudiǎnr guì, « un peu trop cher ». 一点儿 suit l’adjectif et mesure un écart, sans jugement : 便宜一点儿 piányi yìdiǎnr, « un peu moins cher ».
Non. On retourne l’adjectif et on le porte au sommet avec 最 : « le moins cher » se dit 最便宜 zuì piányi, littéralement « le plus bon marché », et « le moins grand » se dit 最矮 zuì ǎi.
Non. Si le degré précède l’adjectif, c’est la comparaison ; s’il suit le verbe avec 得, c’est le complément de degré, qui évalue la manière d’une action et fait l’objet d’une page distincte.
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