Six mécanismes portent toute la grammaire du mandarin, et quarante-quatre autres pages les détaillent. Celle-ci n’enseigne aucune règle : elle dit laquelle aller lire.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Le mandarin passe pour la langue la plus difficile du monde. Cette réputation porte sur deux points bien réels — les tons et les caractères — et elle dit peu de chose de la grammaire, qui repose sur des principes peu nombreux et remarquablement réguliers.
On présente d’ordinaire cette grammaire par une liste de ce qui lui manque. La liste est exacte, et elle n’apprend rien, car une absence ne se pratique pas. Cette page décrit l’inverse : ce que le mandarin a. Tout ce que la langue n’a pas est traité ailleurs, à la page Ce qui n’existe pas, et nous n’y reviendrons pas ici.
Six mécanismes portent l’essentiel : les tons, les caractères, les classificateurs, l’aspect, l’ordre des mots et les compléments du verbe. Chacun reçoit ci-dessous un paragraphe et un exemple d’appel, pas davantage. Le développement appartient aux quarante-quatre autres pages du dossier, dont la carte se trouve plus bas. Aucune règle applicable ne sera donnée ici : cette page sert à savoir où chercher, et rien d’autre.
Une syllabe mandarine se prononce sur un contour de hauteur, et ce contour appartient au mot au même titre que ses consonnes. Le premier ton est haut et plat, le deuxième montant, le troisième descendant-montant, le quatrième descendant. Une même syllabe peut ainsi recouvrir quatre mots sans rapport. Le francophone qui les confond ne dit pas un mot approximatif : il dit un autre mot. La page Les quatre tons expose le système et la manière de l’entendre.
L’écriture chinoise ne transcrit pas les sons comme le fait un alphabet : un caractère note une syllabe, et cette syllabe porte le plus souvent un sens à elle seule. Le caractère se compose lui-même, dans la grande majorité des cas, de deux éléments : l’un range le mot dans une catégorie de sens, l’autre indique approximativement sa prononciation. La série ci-dessous tourne tout entière autour de 马, emprunté pour son seul son. C’est ce mécanisme qui rend la mémorisation praticable ; Comment est fait un caractère en donne les six catégories.
Entre un nombre et un nom, le mandarin intercale presque toujours un troisième mot. On ne dit pas « trois livres » mais l’équivalent de « trois [classificateur] livre », et le classificateur change selon le nom qu’il accompagne. Aucune règle générale ne permet de le deviner à coup sûr : il s’apprend avec le nom, comme le genre d’un mot français s’apprend avec lui. C’est le trait de grammaire le plus étranger à notre langue. Les classificateurs expose l’obligation et sa portée.
Le mandarin place près du verbe une marque qui ne dit pas quand le fait se situe : elle dit où il en est. Mené à son terme, déjà vécu au moins une fois, en cours, maintenu, ou nouveau. Le français appellerait cela un temps ; c’est un aspect, et les deux notions ne se recouvrent pas. Une seule de ces valeurs échappe à la place ordinaire : l’action en cours se signale par 在 zài devant le verbe, et non par une particule derrière lui. La page Le passé et l’aspect dit quel outil convient à quel fait, celui-là compris.
La fonction d’un mot se lit à sa place dans la phrase, et à elle seule. Le mandarin range le sujet, puis le verbe, puis l’objet — comme le français, et cette ressemblance rend les premières phrases faciles à bâtir. Il s’en écarte sur un point constant : ce qui situe l’action, le moment d’abord et le lieu ensuite, se place devant le verbe, là où le français le rejette volontiers après lui. L’ordre des mots donne la place de chaque constituant.
Le mandarin soude au verbe un second élément qui dit ce que l’action a produit : elle a abouti, elle est allée jusqu’au bout, elle s’est faite d’une certaine manière. Là où le français change de verbe ou ajoute un adverbe, le mandarin construit un bloc à partir de mots qu’on connaît déjà. C’est l’un des mécanismes les plus productifs de la langue, et souvent le dernier à s’installer chez un francophone. Le complément de résultat en expose le principe.
Quarante-cinq pages ne se lisent pas d’affilée. Voici l’ordre qui évite de perdre du temps : il suit la façon dont les difficultés se présentent réellement à un débutant francophone, et non l’organisation d’une grammaire de référence.
Les tons et les consonnes inconnues se règlent à l’oreille, et un mot mal entendu au départ reste mal dit pendant des années. Commencez par Les quatre tons, puis lisez les quatre autres pages de la famille sonore quand une prononciation vous résiste.
Vient ensuite la charpente : la place de chaque constituant, le classificateur obligatoire, la façon de poser une question. Trois ou quatre pages suffisent pour produire des phrases nouvelles sans les avoir apprises par cœur.
L’aspect et les compléments du verbe forment la moitié difficile du dossier. Ils ne se comprennent bien qu’une fois la charpente installée, et ils demandent d’y revenir plusieurs fois, à quelques semaines d’intervalle.
Elle n’est pas un préalable et ne conditionne aucune des pages précédentes. C’est une décision à prendre en connaissance de cause, et Faut-il apprendre les caractères la pose franchement.
Quarante-cinq pages, réparties en dix familles. On y vient lorsqu’une difficulté se présente, et l’on repart. Chacune est nommée ici par son titre exact.
Cinq pages sur la matière sonore de la langue, celle qui décide de tout le reste : Les quatre tons, Quand les tons changent, Le ton neutre, Les sons absents du français et Lire le pinyin.
Quatre pages, dont une répond à la question que tout le monde pose en premier : Comment est fait un caractère, Les clés et les traits, Simplifié et traditionnel et Faut-il apprendre les caractères.
Six pages. L’adjectif mandarin n’est pas un adjectif au sens français, et cette différence en commande plusieurs autres : Les classificateurs, Quel classificateur choisir, Défini, indéfini, pluriel, Nombres, dates et heures, Les adjectifs sont des verbes et Comparer avec 比.
Quatre pages sur ce que le verbe fait, et sur les deux mots que le français confond sous un seul : Les classes de verbes, Les deux négations, Pouvoir, vouloir, devoir et Être, avoir, se trouver.
Cinq pages, une par outil, plus une page de décision qui dit lequel employer : Le passé et l’aspect, 了 après le verbe, 了 en fin de phrase, 过 et l’expérience vécue et 着 et l’action en cours.
Six pages. C’est ici que le mandarin s’éloigne le plus du français : L’ordre des mots, Thème et commentaire, La construction en 把, Le passif en 被, Les verbes qui s’enchaînent et Les prépositions verbales, qui sont en réalité des verbes.
Cinq pages sur le bloc verbal, la partie du dossier qui demande le plus de retours : Le complément de résultat, Le complément directionnel, Le complément potentiel, Le complément de degré et Durée et fréquence.
Quatre pages sur la question et sur la phrase complexe : Poser une question, Les particules finales, Les relatives en 的 et Les paires de connecteurs.
Trois pages de contexte, utiles pour savoir ce que l’on apprend au juste : D’où vient le mandarin, Mandarin ou cantonais et La langue en chiffres.
Deux pages en plus de celle-ci : Ce qui n’existe pas, qui rassemble les absences, et Le cours de chinois, qui décrit la méthode audio.
Aucune de ces pages ne vous fera parler. Elles servent à reconnaître ce que vous entendez et à comprendre après coup pourquoi une phrase est bâtie ainsi. L’ordre qui fonctionne reste l’ordre naturel : l’oreille d’abord, la règle ensuite, l’écriture plus tard ou jamais. Un enfant né à Pékin parle couramment des années avant de tracer son premier caractère.
Vos premiers mots. Les voici, et vous les direz sans avoir lu un seul caractère. Le cours de chinois travaille les tons dès la première leçon, à raison de quatorze minutes par jour.
Le dossier de mandarin fait partie de notre grammaire gratuite, qui couvre douze langues.
Vingt-quatre questions sur ce que cette page montre : les tons, la composition des caractères, le classificateur obligatoire, la particule d’aspect, l’ordre des constituants, le complément du verbe et les premières formules. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-cinq pages qui se répondent, des quatre tons aux compléments du verbe, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue sans conjugaison ni déclinaison, mais où tout se joue dans l'ordre et les particules.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Par les tons. Le contour de hauteur appartient au mot, et une confusion ne produit pas un mot approximatif mais un autre mot : 妈 mā, « la maman », contre 马 mǎ, « le cheval ». La page Les quatre tons ouvre le dossier, et les quatre autres pages sonores se lisent au fil des difficultés.
Par une marque d’aspect placée près du verbe, qui dit non pas quand le fait se situe, mais où il en est : 我买了一本书 wǒ mǎile yì běn shū, « j’ai acheté un livre », où la particule suit le verbe ; contre 他在看书 tā zài kàn shū, « il est en train de lire », où l’action en cours se marque au contraire devant lui. La famille de l’aspect compte cinq pages, dont une page de décision qui dit quel outil convient à quel fait.
Un mot qu’on ne peut presque jamais omettre entre le nombre et le nom, et qui change selon le nom qu’il accompagne : 三本书 sān běn shū, « trois livres », mais 三个人 sān ge rén, « trois personnes ». Il s’apprend avec le nom, et deux pages du dossier lui sont consacrées.
C’est une décision, non un préalable, et elle se prend en connaissance de cause. La page Faut-il apprendre les caractères pose la question et donne les chiffres ; nos leçons, elles, sont entièrement orales.
Non. Elle nomme les six mécanismes qui portent la grammaire du mandarin — les tons, les caractères, les classificateurs, l’aspect, l’ordre des mots et les compléments du verbe — et renvoie, pour chacun, à la page qui le traite. Les quarante-cinq pages du dossier se lisent séparément.
À la page Ce qui n’existe pas, qui les rassemble toutes et montre comment des mots invariables se composent entre eux pour former du vocabulaire. La présente page ne décrit que ce que la langue possède.
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