Le français met la relative après le nom, le mandarin la met avant, et la ferme par une particule unique. Un renversement complet, mais une seule règle à tenir.
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Le français dispose ses qualifications de part et d’autre du nom : l’adjectif court devant, l’adjectif long et la relative derrière. « Le livre rouge que j’ai acheté hier » occupe les deux côtés. Le mandarin n’a qu’une case, et elle est à gauche.
Un mot, un groupe, une proposition entière : quelle que soit sa longueur, ce qui qualifie un nom vient devant lui, et la particule 的 de referme le bloc juste avant le nom. Il n’existe pas de seconde position. Une phrase française se lit de gauche à droite dans l’ordre nom-puis-relative ; la phrase mandarine correspondante se lit dans l’ordre inverse.
La particule se prononce de, sans ton, appuyée sur la syllabe qui la précède ; c’est l’un des mots les plus fréquents de la langue, et l’un des plus effacés à l’oreille. Son absence de hauteur propre est décrite à la page Le ton neutre.
Trois sujets sont écartés d’ici. Les deux homophones de 的 — 地, qui marque la manière devant le verbe, et 得, qui évalue l’action après coup — relèvent de la page Le complément de degré. Relier deux propositions entières, par « parce que », « bien que » ou « dès que », se fait par des paires corrélatives exposées à la page Les paires de connecteurs. Enfin la tournure 是…的, qui souligne les circonstances d’un fait acquis, emploie le même caractère sans relever de cette grammaire : elle appartient à la page Le passé et l’aspect.
Le français choisit son pronom relatif selon la fonction du nom dans la proposition : sujet, complément d’objet, complément de lieu, complément d’un nom. Le mandarin ne choisit rien. Aucun mot ne traduit le pronom relatif. La proposition garde son ordre interne, elle se ferme par 的, et c’est tout.
| En français | En mandarin | Mot à mot |
|---|---|---|
| qui (sujet) | 会开车的人 huì kāichē de rén — « la personne qui sait conduire » | savoir conduire DE personne |
| que (objet) | 我买的车 wǒ mǎi de chē — « la voiture que j’ai achetée » | moi acheter DE voiture |
| où (lieu) | 我住的地方 wǒ zhù de dìfang — « l’endroit où j’habite » | moi habiter DE endroit |
| où (temps) | 你走的时候 nǐ zǒu de shíhou — « le moment où tu pars » | toi partir DE moment |
| dont | 我跟你说的那件事 wǒ gēn nǐ shuō de nà jiàn shì — « l’affaire dont je t’ai parlé » | moi avec toi dire DE cette affaire |
Le dernier exemple contient 跟 gēn, « avec ». Ces mots que les manuels européens appellent volontiers des prépositions sont en mandarin d’anciens verbes, et la grammaire chinoise les nomme coverbes : ils se placent devant le verbe principal, à l’intérieur de la proposition, exactement comme ils le feraient dans une phrase indépendante. Leur liste et leur emploi sont à la page Les prépositions verbales.
La relative n’est qu’un cas particulier. Le même mécanisme sert à toutes les qualifications du nom, du pronom possessif à la proposition complète. Apprendre la relative revient donc à apprendre une seule construction, employée partout.
| Nature | Exemple | Traduction |
|---|---|---|
| Pronom | 我的书 wǒ de shū | mon livre |
| Nom | 老师的名字 lǎoshī de míngzi | le nom du professeur |
| Nom de pays | 中国的历史 Zhōngguó de lìshǐ | l’histoire de la Chine |
| Adjectif | 有名的作家 yǒumíng de zuòjiā | un écrivain célèbre |
| Groupe verbal | 卖菜的人 mài cài de rén | le marchand de légumes |
| Proposition | 我昨天买的书 wǒ zuótiān mǎi de shū | le livre que j’ai acheté hier |
Notez la ligne du possessif : le possesseur précède le possédé, à l’inverse du français. Là où nous disons « le nom du professeur », le mandarin dit « professeur DE nom ». C’est le même ordre que dans une relative, et pour la même raison.
Quand la particule disparaît. Devant un terme de parenté ou de relation proche, et devant un groupe auquel on appartient, 的 tombe ordinairement après un pronom — 我朋友 wǒ péngyou comme 我妈妈. La relation est trop étroite pour qu’on la marque.
La chute est facultative dans ces cas ; hors d’eux, un pronom ne se passe pas de la particule. On ne dit pas 我书 pour « mon livre » : il faut 我的书 wǒ de shū. Un adjectif d’une seule syllabe se passe lui aussi souvent de la particule ; cette famille de cas est traitée à la page Les adjectifs sont des verbes.
Le nom qualifié occupe, dans la proposition qui le précède, une place qui reste vide. C’est cette place, et elle seule, qui dit quel rôle le nom joue. Comparez ces deux groupes, bâtis avec les mêmes mots :
Dans le premier, le sujet de 买 manque : le nom final le fournit, et il se lit « qui ». Dans le second, c’est l’objet qui manque : le nom final le fournit, et il se lit « que ». Aucune marque ne signale la différence. On la reconstitue en observant ce qui manque. C’est l’une des raisons pour lesquelles ces groupes se comprennent mal à la première lecture et très bien à la dixième.
La place vide reste vide. Le français populaire glisse parfois un pronom de rappel dans la relative ; le mandarin ne l’admet jamais. On dit 我买的书, jamais 我买它的书.
Un groupe ainsi formé est un nom, avec tout ce qu’un nom peut faire : il est sujet, il est objet, il se compte, il se détermine. La façon dont sa position dans la phrase le rend défini ou indéfini est exposée à la page Défini, indéfini, pluriel.
À l’intérieur de la proposition, la phrase fonctionne normalement : le sujet précède le verbe, le verbe précède son objet, les circonstants gardent leur place habituelle. Deux ajustements seulement méritent d’être retenus.
La négation reste. Elle se place devant le verbe, à l’intérieur de la proposition, et le choix entre les deux négations du mandarin obéit aux règles ordinaires, décrites à la page Les deux négations.
La marque de l’expérience reste, celle de l’accompli tombe. 过 guo, qui dit qu’un fait a été vécu au moins une fois, se maintient devant 的 ; son emploi est détaillé à la page 过 et l’expérience vécue. En revanche 了 ne se place pas devant la particule : on dit 我昨天买的书, et non 我昨天买了的书. Le mot de temps suffit à situer le fait.
Un nom peut recevoir en même temps un possessif, un démonstratif, un nombre avec son classificateur, une proposition et un adjectif. Tout cela s’empile devant lui, dans un ordre assez stable. Le classificateur, obligatoire dès qu’un nombre ou un démonstratif intervient, est présenté à la page Les classificateurs.
Quand une proposition et un démonstratif se rencontrent, les deux ordres existent réellement, et le sens penche légèrement de l’un à l’autre. Placée avant le démonstratif, la proposition sert à identifier : elle répond à « lequel ». Placée après, elle décrit un objet déjà identifié par le geste ou par le contexte.
Le premier ordre est le plus fréquent lorsque la proposition sert à trier parmi plusieurs objets, et c’est celui qu’il vaut mieux produire tant que l’oreille n’a pas pris l’habitude. La place générale des groupes dans la phrase est traitée à la page L’ordre des mots.
Lorsque le nom qualifié est évident, on l’omet et la particule reste seule. Le groupe devient alors l’équivalent de nos tours « le mien », « le rouge », « celui qui », « ce que ». C’est un usage constant de la langue parlée, et il explique quantité de mots du vocabulaire courant.
Le procédé est si régulier qu’il fabrique des noms de métier à volonté : 开车的 kāichē de, « le chauffeur » ; 教书的 jiāo shū de, « l’enseignant ». Ces formes appartiennent à la langue familière ; un registre soutenu leur préfère un nom propre de métier. Sachez les reconnaître avant de les produire.
Placer la proposition après le nom. C’est le réflexe le plus tenace, et la seule faute qui rende la phrase incompréhensible. Le nom qualifié se dit en dernier, toujours.
Chercher un mot pour « qui » ou « que ». Il n’y en a pas, et l’interrogatif 谁 shéi ne sert jamais à cet usage : il ne pose que des questions, comme l’expose la page Poser une question.
Oublier la particule. Sans 的, deux groupes se juxtaposent sans lien et la phrase se disloque. Une proposition qualifiante ne s’en passe jamais ; seuls quelques cas étroits l’abandonnent, la parenté, la relation proche, le groupe d’appartenance et l’adjectif d’une seule syllabe.
Reprendre le nom par un pronom. La place doit rester vide. Le nom final la remplit à lui seul.
Le mécanisme se comprend en dix minutes ; le produire sans y penser, dans une phrase qui avance, demande des mois d’écoute. C’est précisément ce que travaille Le cours de chinois, entièrement audio, en leçons courtes. L’ensemble du dossier est accessible depuis la page la grammaire.
Choisissez la forme qui complète chaque phrase : place de la proposition, présence de la particule, ordre interne. Touchez une réponse, puis Correction.
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Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Toujours avant le nom qu’elle qualifie, et elle se ferme par 的 : 我昨天买的书 wǒ zuótiān mǎi de shū, « le livre que j’ai acheté hier ». L’ordre est exactement l’inverse du français.
On ne les dit pas. Le mandarin n’a pas de pronom relatif : la proposition se place devant le nom, la particule 的 la ferme, et la fonction se devine à la place laissée vide. 买书的人 mǎi shū de rén a un sujet manquant, 我买的书 wǒ mǎi de shū un objet manquant.
Rarement. Devant un terme de parenté ou de relation proche, ou un groupe d’appartenance, la particule tombe couramment après un pronom : 我妈妈 wǒ māma, 我们学校 wǒmen xuéxiào. Ailleurs elle est nécessaire : 我的书 et non 我书.
Il nominalise ce qui précède, comme nos tours « le mien », « le rouge », « celui qui » : 这本书是我的 zhè běn shū shì wǒ de, « ce livre est à moi » ; 他是卖菜的 tā shì mài cài de, « il est marchand de légumes ».
Les deux existent. La proposition placée avant le démonstratif sert à identifier l’objet parmi d’autres ; placée après, elle décrit un objet déjà désigné. Le premier ordre est le plus sûr tant que l’oreille n’a pas pris l’habitude.
Non : 了 ne se place pas devant 的. On dit 我昨天买的书, jamais 我昨天买了的书. En revanche 过, qui marque l’expérience vécue, se maintient : 我去过的地方 wǒ qùguo de dìfang.
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