Le mandarin compte plus de locuteurs natifs qu’aucune autre langue du monde. C’est le seul chiffre que tout le monde cite, et il en recouvre une dizaine d’autres, moins connus et plus instructifs.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
Cette page ne traite que la démographie : combien de personnes parlent les langues chinoises, comment elles se répartissent entre les grands groupes, et quelle place le mandarin occupe hors de Chine. Elle ne compte aucun caractère : le nombre de sinogrammes nécessaires pour lire, par niveau et par usage, est établi à la page faut-il apprendre les caractères. Elle ne décrit pas davantage les deux normes graphiques, exposées à la page simplifié et traditionnel, ni la formation de la langue standard, racontée à la page d’où vient le mandarin.
Un mot sur les noms, car ils commandent tout le reste. Le français dit « le chinois » ; le chinois, lui, dispose de plusieurs mots, et ils ne désignent pas la même chose.
Notez les deux suffixes qui reviennent dans tous ces noms. 语 yǔ porte le troisième ton, descendant-montant, et sert aux appellations savantes ; 话 huà porte le quatrième, descendant, et sert aux appellations ordinaires. On dit 粤语 Yuèyǔ dans un manuel et 广东话 Guǎngdōnghuà dans une conversation, pour la même langue. Le système des tons est décrit à la page les quatre tons.
Un obstacle précède tous les chiffres qui suivent. Le français groupe par tranches de trois zéros — mille, million, milliard. Le chinois groupe par tranches de quatre. Aucune conversion n’est spontanée, et c’est la première raison pour laquelle un francophone bute sur une statistique énoncée en chinois.
| Forme | Pinyin | Valeur |
|---|---|---|
| 万 | wàn | dix mille |
| 十万 | shí wàn | cent mille |
| 百万 | bǎi wàn | un million |
| 千万 | qiān wàn | dix millions |
| 亿 | yì | cent millions |
| 十亿 | shí yì | un milliard |
Le système complet des numéraux, avec les dates et l’heure, est traité à la page nombres, dates et heures. Retenez seulement ici les deux paliers qui servent à lire le reste de cette page : 万 pose quatre zéros, 亿 en pose huit.
Les chiffres qui suivent proviennent de l’édition 2026 d’Ethnologue, la base de données linguistiques la plus citée, et il faut les lire comme des ordres de grandeur : aucun recensement au monde ne demande à un milliard de personnes quelle est exactement leur langue première.
| Langue | Langue première | Langue seconde | Total |
|---|---|---|---|
| Mandarin | 988 | 194 | 1 183 |
| Anglais | 372 | 1 121 | 1 493 |
| Espagnol | 487 | 75 | 561 |
Deux enseignements, et ils vont en sens contraire. Le mandarin arrive premier pour la langue maternelle, à plus du double de l’espagnol et près du triple de l’anglais. Il arrive second pour le total, parce que l’anglais compte trois locuteurs de seconde langue pour un locuteur natif, quand le mandarin en compte un pour cinq. L’un est la langue d’un peuple ; l’autre est devenu la langue d’échange du reste du monde.
Une réserve s’impose sur le premier chiffre. Les 988 millions recensés sous l’étiquette « mandarin » couvrent l’ensemble du groupe dialectal du Nord, du Centre et du Sud-Ouest, dont beaucoup de parlers ne sont pas le 普通话 Pǔtōnghuà enseigné à l’école. Le chiffre des locuteurs de la norme elle-même est autre, et il est donné plus bas.
Ce que le français appelle « le chinois » est une famille de langues apparentées, comparable par son étendue interne aux langues romanes. Les classifications chinoises en reconnaissent aujourd’hui dix groupes. Les proportions ci-dessous sont celles de l’Atlas des langues de Chine, deuxième édition, 2012, et portent sur les locuteurs de langue première.
| Groupe | Pinyin | Part | Aire principale |
|---|---|---|---|
| 官话 | Guānhuà | 65,7 % | Nord, Centre, Sud-Ouest |
| 闽语 | Mǐnyǔ | 6,2 % | Fujian, Taïwan, Hainan |
| 吴语 | Wúyǔ | 6,1 % | Shanghai, Zhejiang, sud du Jiangsu |
| 粤语 | Yuèyǔ | 5,6 % | Guangdong, Guangxi, Hong Kong, Macao |
| 晋语 | Jìnyǔ | 5,2 % | Shanxi et pourtour |
| 赣语 | Gànyǔ | 3,9 % | Jiangxi |
| 客家话 | Kèjiāhuà | 3,5 % | Dispersée, du Guangdong à Taïwan |
| 湘语 | Xiāngyǔ | 3,0 % | Hunan |
| 平话 | Pínghuà | 0,6 % | Guangxi, et parlers divers |
| 徽语 | Huīyǔ | 0,3 % | Sud de l’Anhui |
Ces noms se lisent presque tous de la même façon : un caractère, qui est l’abréviation administrative d’une province, suivi de 语. Le Fujian a pour abréviation 闽, le Hunan 湘, le Jiangxi 赣. Connaître l’abréviation, c’est connaître le nom du groupe.
Ces découpages se discutent. Le jin est rattaché au mandarin par une partie des linguistes, le hui au wu ; le pinghua n’a été distingué que tardivement. Selon la classification retenue, la part du mandarin varie de plusieurs points. Ce que les chiffres établissent solidement, c’est l’ordre de grandeur : deux locuteurs natifs sur trois relèvent du groupe mandarin, un sur trois n’en relève pas. Ce que sépare réellement le mandarin du cantonais — tons, finales, vocabulaire — est examiné à la page mandarin ou cantonais.
Le ministère chinois de l’Éducation mesure par sondage national ce qu’il appelle le 普及率 pǔjílǜ, le taux de diffusion du putonghua : la part de la population capable de communiquer dans la norme. Les résultats annoncés lors de la conférence de presse du 2 juin 2021 donnent deux points de repère.
Un peu plus d’une personne sur deux. La moitié du pays vivait alors sa vie entière dans un parler régional.
Près de vingt-huit points gagnés en vingt ans, sous l’effet de la scolarisation, de la télévision et des migrations intérieures.
L’objectif officiel fixé par le Conseil des affaires de l’État fin 2021 était de 85 % en 2025 ; le dernier taux mesuré que cette page reprend reste celui de 2020, la source citée étant antérieure à cette échéance. Rapportée à une population de l’ordre de 1,4 milliard, la proportion de 2020 représente plus d’un milliard de personnes capables de parler la norme — c’est le chiffre à retenir pour un voyageur ou un étudiant, plutôt que le total d’Ethnologue.
Un taux de diffusion élevé ne signifie pas que le parler régional recule partout au même rythme. Dans une grande partie du pays, les deux coexistent chez la même personne, avec un partage des usages selon l’interlocuteur.
La même norme circule sous trois noms et trois statuts. À Taïwan, elle s’appelle 国语 Guóyǔ et s’écrit en caractères traditionnels. À Singapour, elle s’appelle 华语 Huáyǔ et figure parmi les quatre langues officielles de la cité-État, avec l’anglais, le malais et le tamoul. En Malaisie, le même nom sert à désigner la langue d’enseignement des écoles chinoises.
La diaspora, elle, ne parle pas d’abord le mandarin. Les vagues d’émigration des dix-neuvième et vingtième siècles sont parties du Sud : le cantonais et les parlers min dominent dans les communautés chinoises d’Asie du Sud-Est, d’Amérique du Nord et d’Europe, ce qui explique pourquoi les quartiers chinois d’Occident ont longtemps été cantonophones.
Sur le plan institutionnel, le chinois est langue officielle des Nations unies depuis la résolution 2 de l’Assemblée générale, du 1er février 1946. Il n’en est devenu 工作语言 gōngzuò yǔyán, langue de travail — celle dans laquelle on siège et l’on rédige au quotidien — que par la résolution 3189 du 18 décembre 1973.
Les chiffres de l’apprentissage viennent du ministère chinois de l’Éducation, publiés en septembre 2024 : de l’ordre de deux cents millions de personnes ont appris ou employé le chinois au total, plus de trente millions l’étudient actuellement, quatre-vingt-cinq pays l’ont intégré à leur système éducatif national, et plus de quatre-vingt mille établissements en proposent des cours dans le monde. Chaque année, plusieurs centaines de milliers de candidats étrangers se présentent au 汉语水平考试 Hànyǔ Shuǐpíng Kǎoshì, l’examen officiel de niveau connu sous le sigle HSK.
En ligne, le contraste est brutal. La Chine comptait 1,108 milliard d’internautes fin 2024, pour un taux de pénétration de 78,6 %, selon le cinquante-cinquième rapport du CNNIC publié en janvier 2025 — la plus grande population connectée au monde. Et pourtant, au relevé W3Techs du 20 septembre 2026, le chinois n’est la langue que de 1,3 % des sites web dont la langue est identifiable, contre 49,5 % pour l’anglais.
L’écart n’est pas une erreur de mesure, mais il demande une lecture prudente. Ces relevés portent sur les sites les plus visités à l’échelle mondiale et identifient mal les plates-formes fermées. Or l’essentiel de l’activité chinoise en ligne se déroule dans des applications — messagerie, vidéo courte, commerce — qui ne sont pas des sites web au sens de l’enquête. Le chiffre mesure donc surtout ceci : le web ouvert et le web chinois ne se recouvrent guère. Apprendre le mandarin ne vous ouvre pas 1,3 % de l’internet ; cela vous ouvre un internet parallèle, dont la taille ne se lit pas dans ce tableau.
Le chiffre qui vous concerne est un autre. Aucune des statistiques ci-dessus ne dit combien d’heures d’écoute séparent un débutant d’une première conversation. C’est pourtant la seule quantité sur laquelle vous ayez prise. La grammaire du mandarin est exposée en quarante-cinq pages à partir de la grammaire complète, et la méthode de notre cours de chinois, entièrement audio, travaille la reconnaissance des tons en leçons de quatorze minutes. Les tons sont exigeants ; ils s’acquièrent par l’oreille et par la répétition, non par la lecture d’un tableau.
Choisissez le mot juste : nom de la langue, nom d’un groupe dialectal, palier numérique ou terme de statistique. Tout porte sur cette page. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-cinq pages qui se répondent, des quatre tons aux compléments du verbe, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue sans conjugaison ni déclinaison, mais où tout se joue dans l’ordre et les particules.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
L’édition 2026 d’Ethnologue recense 988 millions de locuteurs de langue première et 194 millions de locuteurs de seconde langue, pour un total annoncé de 1 183 millions — les chiffres étant arrondis au million, l’addition des deux colonnes peut différer d’une unité. C’est le premier rang mondial pour la langue maternelle et le second pour le total, derrière l’anglais et ses 1 493 millions.
Les classifications chinoises en reconnaissent dix groupes. D’après l’Atlas des langues de Chine, deuxième édition, 2012, le mandarin 官话 en rassemble 65,7 % des locuteurs natifs ; viennent ensuite le min 6,2 %, le wu 6,1 %, le yue 5,6 %, le jin 5,2 %, le gan 3,9 %, le hakka 3,5 %, le xiang 3,0 %, puis le pinghua et le hui.
Non, mais la proportion progresse vite. Le ministère chinois de l’Éducation a annoncé le 2 juin 2021 un taux de diffusion de 80,72 % pour 2020, contre 53,06 % en 2000. L’objectif fixé par le Conseil des affaires de l’État fin 2021 était de 85 % en 2025 ; aucun taux plus récent que celui de 2020 n’est repris ici.
Selon le ministère chinois de l’Éducation, en septembre 2024, plus de trente millions de personnes l’étudient et de l’ordre de deux cents millions l’ont appris ou employé au total. Quatre-vingt-cinq pays l’ont intégré à leur système éducatif national, et plusieurs centaines de milliers de candidats se présentent chaque année au HSK.
Moins que sa démographie ne le laisserait croire : 1,3 % des sites dont la langue est identifiable, contre 49,5 % pour l’anglais, au relevé W3Techs du 20 septembre 2026. La Chine comptait pourtant 1,108 milliard d’internautes fin 2024 selon le CNNIC. L’écart tient à ce que l’activité chinoise en ligne se concentre dans des applications fermées, mal saisies par ces relevés.
汉语 Hànyǔ est le terme général, 中文 Zhōngwén son équivalent courant, 普通话 Pǔtōnghuà le nom officiel de la norme en Chine continentale. À Taïwan on dit 国语 Guóyǔ, à Singapour 华语 Huáyǔ. Les trois derniers désignent la même langue.
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